Carentan

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Von der Heydte se replie à Carentan
A la tête du 6e régiment parachutiste allemand, Friedrich von der Heydte combat sans relâche dans le secteur de Carentan depuis le parachutage de la 101e Airborne aux premières heures du 6 juin. Les « lions de Carentan » comme les surnomment les paras américains, s’acharnent à tenir ce verrou, position stratégique entre les deux plages américaines d’Utah et d’Omaha. Depuis le 6 juin, des éléments du 6e régiment allemand s’accrochent à Houesville, repoussant toutes les offensives américaines, jusqu’à ce que les parachutistes du 502e régiment les en délogent le 9 juin à l’issue de deux jours d’intenses combats. Von der Heydte a cédé mais a pris soin d’organiser le repli de ses hommes vers Carentan en franchissant les marais. Avec ce repli allemand la tâche des Américains pour s’emparer de Carentan s’avère plus difficile encore.

La bataille de la chaussée de Carentan
Dans la bataille pour la prise de Carentan toujours tenue par les parachutistes de von der Heydte, la « bataille de la chaussée de Carentan et du carré de choux » tient une place particulière. En réalité, il s’agit de la progression du 502e régiment de parachutiste vers le nord de Carentan à partir du 10 juin. La mission confiée au 3e bataillon du régiment consiste depuis Saint-Côme-du-Mont à utiliser au mieux la chaussée qui surplombe les marais et de franchir les 4 ponts successifs jusqu’à la ferme de Pommenauque. Le bataillon se met en route peu après minuit dans la nuit du 9 au 10, mais doit stopper sa progression vers 5 h 30 devant les défenses allemandes. L’attaque reprend dans l’après-midi, la Douve est franchie sur un pont de fortune. Pour franchir le 4e et dernier, les parachutistes américains doivent livrer de sérieux combats entre 16 h 00 et 23 h 00. Ces combats se poursuivront jusqu’à l’aube du 11 juin. La bataille de Carentan est belle et bien lancée.

Les combats de Pommenauque et du carré de choux devant Carentan
A 4 h 00 du matin le 11 juin, les quatre ponts sur la chaussée au nord-ouest de Carentan ont été franchis au prix de lourdes pertes par le 502e régiment parachutiste. L’attaque sur la ferme de Pommenauque peut être lancée. Appuyé par l’artillerie, le colonel Cole et le commandant Stopka conduisent l’assaut à la baïonnette. Mais sur les 250 hommes qui auraient du les suivre, seulement soixante dix reçurent les ordres d’attaque. Malgré la confusion, l’ennemi qui a abandonné les lieux et qui s’est retranché à l’Ouest est rapidement mis hors de combat. La nouvelle ligne de défense allemande s’est alors décalée de l’autre côté de la voie ferrée. La situation ne sera sécurisée que dans la soirée lorsque une nouvelle compagnie américaine rejoindra un « carré de choux » situé le long de la route nationale.

Von der Heydte évacue Carentan
Privé de munitions, menacé sur son flanc gauche, et ayant essuyé de lourdes pertes, le colonel von der Heydte qui commande le 6e régiment parachutiste donne l’ordre à ses hommes d’évacuer Carentan vers 17 h 00. Le repli se fait dans la nuit, sur des positions reconnues et préparées au sud-ouest de la ville. Les Américains qui ont observé le mouvement lancent sur ses pas le 506e régiment parachutiste. La nasse se refermera sur peu de prisonniers, von der Heydte ayant une fois de plus réussi parfaitement son repli. Cette manoeuvre hâtive permettant aux Américains de souder les unes aux autres leurs différentes têtes de pont n’est guère appréciée par le patron de la 17e division SS qui vient de prendre en charge le secteur de Carentan. Von der Heydte est mis aux arrêts, et menacé de cour martiale, à laquelle finalement il échappera. Von der Heydte participera aux derniers combats de la bataille de Normandie, puis plus tard à la bataille de Ardennes où il sera fait prisonnier.

Contre-attaque sur Carentan
Reportée à plusieurs reprises, la contre-attaque de la 17e Panzer SS sur Carentan tout juste libérée est finalement déclenchée le 13 juin, à 5 h 30 du matin. Menée par le 37e régiment SS de panzer grenadiers, qui parvient le log de la route de Périers à progresser jusqu’à une centaine de mètres de la ville, l’offensive est contenue en fin de matinée par les parachutistes de la 101e Airborne dépourvus d’armes mais particulièrement bien épaulés par l’intervention combinée des chasseurs-bombardiers et un détachement de chars – Combat Command B – de la 2e division blindée venu d’Omaha, et dont c’est le baptême du feu en Normandie. Les Allemands perdent plus de 500 hommes dans cette bataille.

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